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Matthieu Sarlangue, n°1 français de paume

A 25 ans, Matthieu Sarlangue est le n°1 français de paume, classé 10ème joueur mondial. Il nous raconte sa passion pour ce sport ancestral.

Comment avez-vous découvert la paume ?
Mon père a été champion de France de paume. Je le regardais jouer enfant mais je préférais le tennis (rire) ! A 13 ans, j’ai pris des leçons au club, pour lui faire plaisir, puis j’ai participé à quelques tournois juniors… que j’ai remportés. Et je me suis pris au jeu !

Expliquez-nous les règles en quelques mots ?
Le terrain de jeu de paume ressemble à un court de tennis mais il est asymétrique, comporte des murs et des galeries sur trois côtés. Le serveur doit d’abord toucher la corniche au fond du terrain adverse pour lancer le point. Seul un rebond au sol est autorisé. En revanche, il n’y a pas de limites pour les rebonds sur les murs ou les toits qui font partie du jeu. Au sol se trouvent des lignes numérotées appelées « chasses » qui servent de repères pour la remise en jeu et le changement de côté.

 

 

Cela semble complexe…
Comme dans tous les jeux, il faut un temps de compréhension et d’adaptation qui vient avec la pratique. Mais c’est un sport fantastique qui offre une grande variété de stratégies. Servir en « girafe » ou en « boomerang », « faire une chasse » pour récupérer l’engagement… le jeu est complexe et palpitant ! Un joueur gagne un échange et marque quinze points lorsque la balle touche la grille, tombe dans la zone appelée la cloche ou termine dans la galerie du dedans. Comme au tennis, le comptage des points se fait par quinze (15, 30, 40, avantage, jeu, manche).

Quelles sont les principales différences avec le tennis ?
Tout d’abord, il faut rappeler que le tennis doit son origine au jeu de paume. Lors de l’engagement, le joueur disait au XVè siècle « Tenèts » (pour « Tenez »). Les Anglo-Saxons ont compris « tennis » et ont gardé ce mot pour désigner le sport qui en a découlé. Sur le plan du jeu, la paume me paraît plus tactique, créative et ludique que le tennis. On peut par exemple inventer sans cesse de nouveaux coups, en jouant avec les murs, la galerie, la hauteur du plafond. C’est très excitant, jamais monotone !

Et les balles, les raquettes ne sont pas les mêmes non plus ?
Le jeu de paume a conservé les équipements originels : des balles de tissus très lourdes, pas tout à fait sphériques, et des raquettes rabotées au sommet du cadre et tendues à 40 kg (contre environ 25 au tennis). Elles sont encore aujourd’hui fabriquées à la main par les maîtres-paumiers. Cette singularité fait aussi partie du raffinement du jeu.

La paume, c’est toute une histoire, en fait !
Oui, c’est un sport qui a 800 ans. De nombreuses expressions lui sont empruntées, comme « épater la galerie », « rester sur le carreau », « prendre la balle au bond », sans oublier le célèbre dicton « Qui va à la chasse perd sa place » lié à l’une des règles de la paume, dite de la chasse. La paume est un jeu unique, à la fois historique, athlétique et ultra moderne.

Comment vous entraînez-vous ?
Actuellement, je suis étudiant en droit immobilier. J’essaye de concilier les études et ma passion en m’entraînant quotidiennement. C’est un sport de haut niveau qui demande une parfaite forme physique. Je profite des installations sportives de la FFT pour les entraînements, comme les grands joueurs de tennis que je côtoie désormais. Le club a d’ailleurs fait découvrir la paume à Jo-Wilfried Tsonga et Gaël Montfils récemment. Une rencontre amusante où ils ont pu constater que l’ancêtre du tennis était un sport… puissant !

Quels sont vos prochains challenges ?
Remporter l’Open international du Paume qui se déroule du 23 au 30 octobre 2018, face aux meilleurs joueurs de la planète : Rob Fahey, multi champion du monde, surnommé « le Roger Federer du jeu de paume », et Camden Riviere, actuel numéro 1 mondial. Et bien sûr, continuer de faire découvrir ce sport extraordinaire aux jeunes !